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Radio Noutnoute

Bande dessinée: Pour comprendre l'opération en Centrafrique

Dimanche 8 décembre 2013

Pour comprendre ce que fait François Hollande au Mali et en Centrafrique, rien de mieux qu'une bande dessinée. L'original de cette page de 1995 était tellement abîmé que j'ai dû récrire les textes des bulles avec l'ordinateur. Cela faisait longtemps que le Réveil des Marmottes avait décrit ce que l'on nomme les barbouzes ou les mercenaires. François Hollande naviguerait-il sur le sillage de Giscard d'Estaing ? Jean-Bedel Bokassa fut président de la République de Centrafrique de 1966 à 1976, autoproclamé empereur sous le nom de Bokassa 1er de l'Empire de Centrafrique (1976-1979). Valéry Giscard d'Estaing connaissait Jean-Bedel Bokassa depuis 1970. Jusqu'à son élection à la présidence de la République française, Giscard d'Estaing s'était rendu trois fois en Centrafrique, en décembre 1970, mars 1971 et avril 1973. À chaque fois, Giscard d'Estaing (qui était membre du gouvernement français) avait rencontré le président Bokassa à Bangui. En avril 1973, à la fin de son séjour, Valéry Giscard d'Estaing, ministre des Finances de Georges Pompidou effectuait une visite de convenance au chef de l'État de Centrafrique. Après avoir visité le palais présidentiel en compagnie de son hôte, Bokassa lui remit des fruits d'ébène et une plaquette de diamants (deux étoiles de petites pierres fines).

Quel rapport avec François Hollande ? Le 12 juin 1987, au terme de son second procès, Bokassa fut reconnu non coupable des charges de cannibalisme mais la peine de mort fut confirmée pour les autres charges. Sa peine fut commuée en prison à vie en février 1988, puis en 10 ans de réclusion. Il fut amnistié par André Kolingba en 1993. Bokassa est mort en 1996 d'un arrêt cardiaque. Il a été réhabilité dans tous ses droits par le président François Bozizé le 1er décembre 2010 à l'occasion de la fête nationale et du cinquantenaire de la proclamation de l'indépendance de la République de Centrafrique. François Hollande a admis que le but de l'opération "Sangaris" (un petit papillon rouge) est de destituer le président Michel Djotodia. François Hollande a en effet déclaré: «On ne peut pas laisser en place un président qui a laissé faire en Centrafrique...» Le but de François Hollande est peu-être de remettre François Bozizé au pouvoir, allez savoir. Voyons cette bande dessinée: "La France coloniale" (1)...

Autrefois, sous l'empire ou les premières Républiques, les choses étaient simples: Dans les colonies, le chef était l'empereur ou le président de la France. Si une colonie se soulevait, on envoyait l'armée, tout naturellement vu qu'on matait simplement un soulèvement d'une colonie. Mais le Grand Charlot a modifié la donne avec la Ve République et la décolonisation (commencée en 1946 et qui s'achèvera en 1962). Depuis, la France devait préserver ses intérêts en Afrique en mettant en place des pions quitte a faire couronner des dictateurs d'opérette comme Bokassa en Centrafrique ou Amin Dada en Ouganda.... Le processus est pourtant connu -et usé-: on envoie des mercenaires, des barbouzes, foutre le bordel et pourquoi pas commettre quelques petits massacres. Il ne reste plus qu'à envoyer l'armée officielle pour remettre de l'ordre, on passe pour les "sauveurs" et on met en place un chef d'État plus "conforme" aux intérêts de la France.

(1) La France coloniale

Joyeux Noël au RdM !

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