Un entretien réalisé au studio

PARTIE 1 - 28 Décembre 2000


Le Réveil des Marmottes présente

L'interview exclusive

«Pour être un grand homme, il faut
avoir la tête dans les nuages mais
les pieds bien sur terre...»

(Proverbe vosgien)

«Peut-être, mais même debout, je ne
mesure que 172 centimètres.
»

Nathalie - Ton cheminement est bien étrange. Pourquoi ces personnages multiples et excentriques affublés de pseudonymes aussi variés que les notes d'une symphonie...
Mike M. - Joker... Je révélerai tout en 2116 au plus tôt; en 2959 au plus tard.
Nathalie - S'il te plaît, essaie de répondre aux questions... Un des grands mystères issus de ton imagination fut ce Régis Winter, aussi mythique qu'inaccessible. Sais-tu que des gens ont vraiment cru qu'il existait ?
Mike M. - Régis Winter, comme Mike M. et les autres, sont nés par hasard, on ne sait plus trop quand, ni comment ni pourquoi... C'est ainsi. Moi-même, je n'en sais rien.
Nathalie - En 1966, avec 3 copains, tu fondes ton premier groupe. Tu as à peine 14 ans. De 1969 à 1972, on te verra sur scène comme chanteur guitariste dans d'autres groupes, et tu joueras avec des artistes de renom. En Allemagne, en 1969, tu découvres les premiers multipistes. C'est là que t'est venue l'idée de monter ton studio ?
Mike M. - C'est là que j'ai compris que bientôt, on pourrait tout faire tout seul! Si tu savais ce que j'ai attendu ce moment où on n'aurait plus de musiciens à diriger. Pouvoir offrir aux auditeurs la musique telle qu'on l'a composée... Le rêve !

Nathalie - En 1987, tu sors enfin un 45 t (1) sous ton vrai nom.
Mike M. - Ce n'est pas moi qui l'ai décidé, et ça s'est fait bêtement. De plus, ce n'est pas la chanson que je voulais mettre sur le disque.
Nathalie - Après une escapade en Allemagne, tu fondes ton premier studio de créations sonores: Studio Caroline. Cette modeste infrastructure fut vite rattachée en duplex à une radio. Avant de réaliser cette interview, j'ai écouté des enregistrements que tu as conservés. Tu est sûr que ça tournait rond dans ta tête ? Je pensais que notre génération était loufoque; mais on est largués devant un pareil délire... De la folie pure, sans jamais une grossièreté ni aucune vulgarité. J'en ai encore les larmes aux yeux tant j'ai éclaté de rire.
Mike M. - Les frères Cro et Magnon et leur premier disque ovale à coins carrés ?
Nathalie - C'est bien le ton de ces émissions produites et animées par toi-même; de l'absurde à n'en plus finir... En 1981, tu as participé à une série pour la télé (Bizarre, bizarre...). Cela t'a valu d'être sacré "Grand Maître de l'insolite".
Mike M. - Ouais... ça m'a surtout valu des soucis à la pelle!

«Quand tu étais plus jeune, tu disais:
Je suis tellement étourdi que
j'oublierai de mourir...»

«Du strict point de vue philosophique,
je pense aujourd'hui que je me suis trompé.
Il y a une légère erreur
dans cette analyse...»

«Il ne faut jamais toucher aux idoles car la dorure nous reste aux ongles...»

 «Alors, tu peux me toucher sans risque;
je ne serai jamais une idole...»

Nathalie - D'autres compositeurs, auteurs ou musiciens ont fait appel à toi pour mettre en valeur leurs musiques ou leurs chansons... Tu as même "vendu" purement et simplement des oeuvres; perdant ainsi tes droits d'auteur et bien entendu, toute forme de reconnaissance.
Mike M. - Avec le temps, on s'y habitue !
Nathalie - La vérité, c'est que tu évites les émissions de variété, à la télé comme à la radio... Et tu ne fréquentes plus les endroits où on diffuse de la musique.
Mike M. - (............)

Nathalie - En 1989, pour le bicentenaire de la prise de la Bastille, tu écris «Le lapin de Varennes» (1) que tu enregistres avec Pascal, un excellent imitateur.

Mike M. - La chanson a été refusée...
Nathalie - Pourquoi...
Mike M. - À cause du texte.
Nathalie - En 1973, tu te ranges. On te verra même comme bûcheron; c'est à peine croyable. L'incorrigible solitaire épris de liberté finira par se marier.

Mike M. - Tu es sûre que tu parles de moi, là ?!?
Nathalie - Je suis trop jeune pour t'avoir connu à cette époque...
Mike M. - Merci! C'est gentil!
Nathalie - Excuse-moi... Euh... Oui... En 1978, tu plaques tout et tu réintègres ton monde. C'est une époque folle: 1 bouquin, 5 BD, une émission quotidienne à la radio, d'autres radios, les télés et un studio qui tourne à plein régime. Et en plus, tu remontes sur scène..., tu fais de la pub et tu écris ou dessines pour plusieurs journaux. Si j'oublie quelque chose, dis-le moi !
Mike M. - Je finirai par y croire, que j'ai l'âge de Noé au temps du déluge...
Nathalie - Si tu as les pieds sur terre, tu as toujours eu la tête dans les étoiles. Tu es de ces inguérissables utopistes dont les rêves sont de changer le Monde et de le rendre meilleur... Mais chaque fois que tu as voulu faire quelque chose; on t'a pris pour un fou... Je songe en particulier à certains ouvrages qui surprendraient nos amis internautes; et à des créations aussi invraisemblables que ta symphonie ou ta théorie. Je ne parle même pas du jour où tu as voulu créer ton site et le réaliser tout seul...
Mike M. - Toute ma vie, on m'a pris pour un fou. Et je ne le renie pas.
Nathalie - Un fou se porte toujours volontaire quand c'est une folle qui lui demande. Qui est cette folle qui t'a incité à écrire ta symphonie et à bâtir ta théorie ?
Mike M. - La Fille sans visage, peut-être...
Nathalie - C'est pas une réponse !
Mike M. - Si.

Nathalie - Tu es l'homme le plus désordonné que j'ai jamais rencontré. Comment fais-tu pour t'y retrouver dans tes appareils et dans tes notes? Le jour où un auteur se décidera à écrire ta vie, il en fera des cauchemars.
Mike M. - Et voilà, j'ai un doute... Catastrophe, ça s'écrit avec un ou deux "f"...
Nathalie - On dit de toi que tu es un adulte qui a oublié de vieillir. Tu t'es retranché dans une solitude incompréhensible au milieu de tes nounours en peluche... Tu as peur qu'on sache qui tu es ?
Mike M. - Diantre! Je me suis encore gouré de jour et de mois dans mon dernier courrier. Et je crois bien que je me suis trompé de millénaire...
Nathalie - Oh oh!... Je suis là !... Tu as quitté le lycée à l'âge de 14 ans. Pourquoi ?
Mike M. - Parce qu'on m'a viré; j'étais toujours dans la lune.

«Combien de langues parles-tu ?»
«Deux: le français et le noutnoute.»

«C'est quoi au juste, le noutnoute
«La langue des Noutnoute !»

Les combats de Mike

Interview

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